Bonjour, cet article a été publié il y a 2 ans 1 mois 3 jours, il est donc possible que certaines données ne soient plus à jour.
Ce deuxième billet est la suite de “La petite annonce imprimée est-elle vouée à disparaître ? (1/3)” que je vous conseille de lire avant celui-ci
Qu’on se le dise, le téléphone portable est au cœur de la révolution numérique, puisqu’il est à la fois héritier des télécommunications, de l’informatique et des contenus (médias). Personnel, voire intime, il est à la fois un outil de communication et un support d’information.
Comme nous le disions dans le précédent billet, le téléphone portable peut être vu de trois manières dans le domaine de la petite annonce : comme un substitut à la petite annonce imprimée (le téléphone est pris comme un support, un média à part entière), comme un complément (le téléphone permet d’interagir avec une petite annonce imprimée), et dans les deux cas, comme un moyen permettant d’accéder à de nouvelles formes de petites annonces (le téléphone permet d’étendre la réalité - nous allons voir après ce que cela veut dire).
Le téléphone est pris comme un média à part entière
En 2004, 2005, je travaillais dans un (petit) groupe de communication spécialisé dans le domaine de l’emploi. En clair, nous mettions en relation des recruteurs et des demandeurs d’emploi à travers le minitel, un site web et un journal. A l’époque, une entreprise dont je ne me souviens malheureusement plus du nom a rencontré un vif succès. Il s’agissait pour cette dernière de référencer des demandeurs d’emploi et de leur envoyer des annonces par SMS lorsqu’un recruteur déposait une annonce correspondant à leur profil. Pas de site web, pas de journal, pas de minitel, juste le téléphone, pris comme un média à part entière. Le service visait particulièrement une population qui travaille en extérieur, n’achetait pas ou peu de journaux et avait peu accès aux ordinateurs.
On peut dire cependant que ce modèle ne convient pas à tous les types d’annonces et que le téléphone ne me semble pas promis à remplacer le grand écran de l’ordinateur ou le journal papier, ne serait-ce que pour le confort de lecture ou les options de recherche.
En revanche, ce qui est à retenir tient plus à l’alerte. L’alerte correspond à cette transition entre un modèle où acheteur (ou demandeur d’emploi), je cherche un bien parmi des petites annonces à un autre modèle où, toujours acheteur, je reçois une annonce parce qu’elle correspond à ce que je cherche.
Le téléphone permet d’interagir avec la petite annonce imprimée
Il s’agit essentiellement des manières de coupler le téléphone avec la petite annonce imprimée, dont la forme diffère de celle traditionnelle à laquelle nous sommes habitués.
Un exemple pour illustrer ce propos : Google a envoyé à 100 000 commerçants aux Etats-Unis un sticker muni d’un “code 2D” à coller sur leur vitrine.
Un code 2D (le pictogramme noir sur la photo ci-dessous) est l’équivalent d’un lien sur une page web, mais dans “la vraie vie”, In Real Life comme disent certains. Ce lien “dans la vraie vie” s’adresse principalement aux détenteurs de téléphones portables de dernière génération – iPhone, Google Phone…
Un code 2D permet de communiquer et/ou accéder à des contenus et services numériques. Le téléphone portable doit préalablement disposer d’un logiciel de lecture de code 2D ; concrètement, il suffit alors de lancer l’application, pointer la caméra du téléphone vers le code 2D et interagir suivant l’objet du service.
Nous ne sommes plus confinés derrière un écran d’ordinateur mais sollicitons des informations à partir de ce que le contexte environnant nous propose. Le téléphone devient à la réalité ce que la souris est à l’ordinateur.
Certains éditeurs de presse d’annonces se sont emparés de cette nouvelle technologie en intégrant à côté de chaque annonce un code 2D permettant au lecteur d’accéder à des informations complémentaires. Des magazines comme Recruit, leader de la presse d’annonces au Japon, (associé à PiliPili en France) mettent ainsi ces codes 2D dans la presse pour permettre à leur lectorat d’accéder à plus d’information à propos de la petite annonce qui les intéresse.
Et l’on peut trouver des codes 2D autre part que dans la presse papier.
Dans le domaine des annonces immobilières, la vitrine d’une agence reste le lieu où des annonces sont mises à la disposition des passants. A Tokyo (Japon), comme sur la photo ci-dessous, les agences immobilières tirent parti de l’équipement en téléphonie portable des badauds. (Les japonais sont 66% à utiliser régulièrement des codes 2D – Source Marsh Internet Research).

- Annonces immobilières avec un code 2D / Tokyo
Cette nouvelle technologie, qui utilise le téléphone comme un complément de ce que voit l’utilisateur, permet de pallier à l’un des problèmes majeurs de la presse imprimée : la périssabilité du contenu. A quoi bon répondre à une annonce vieille de quelques jours. Le téléphone portable sert ici à savoir si l’annonce est toujours d’actualité, mais permet également à l’intéressé d’obtenir plus d’information, contacter l’acheteur et pourquoi pas, payer en ligne, à partir de son téléphone.
Le téléphone permet d’accéder à des petites annonces d’une nouvelle manière (ou la petite annonce dans les nuages)
Depuis la numérisation et l’avènement du réseau Internet, la petite annonce peut également être totalement libérée de son support d’origine, le papier, ou d’un support numérique fixe, comme l’ordinateur. Il ne s’agit plus de récupérer un titre de presse gratuite dans la rue ou acheter un magazine d’annonce, ni même se caler dans un fauteuil devant un ordinateur avec un clavier mais, en situation de mobilité, accéder à des information concernant un objet ou un bien pointé avec la caméra de son téléphone, vers un immeuble par exemple, pour afficher des informations y correspondant sur le web.
On parle alors de réalité étendue (on entend souvent le terme réalité augmentée). Peut être que certains d’entre vous se souviennent de Second Life, ou tout du moins en ont entendu parler il y a quelques années. Second Life est un jeu vidéo dont la nouveauté, à l’époque, avait consisté à modéliser tout un monde virtuel ; l’objet de la réalité virtuelle est de vous immerger dans un monde virtuel, devant un grand écran ou avec un casque sur la tête. La réalité étendue, c’est l’inverse. La réalité étendue consiste à ajouter des éléments virtuels à la réalité.

- Réalité Étendue : Affiche d’information de vente sur un immeuble
Comme je me suis un peu emballé sur la rédaction de cette deuxième partie, je vous propose de terminer cet article dans une troisième ! Et avant de conclure, quelle serait votre réponse à la question de savoir si la petite annonce imprimée est vouée à disparaître ?






[...] La suite ici : La petite annonce imprimée est-elle vouée à disparaître ? (2/3) [...]
[...] Suite et fin de « La petite annonce imprimée est-elle vouée à disparaître ?» dont la première partie est publiée ici (1/3) et la deuxième là 2/3 [...]
moi j epense que l’annonce dans la presse papier, c’es mort ! a quoi ça sert de regarder la presse alors qu’on a tout sur Internet ?
@Zafarin. Merci ! on dit même “réalité combinée” pour la réalité augmentée ou étendue.
@yage. Merci pour cette précision.
Vous disiez justement l’année dernière : « Actuellement, 50 % de nos annonces sont déposées par téléphone, 30 % par internet et 20 % par agence. L’objectif envisagé à terme est de 60 % de dépôt par SMS ». Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Pour aller dans votre sens, j’ai lancé il y a un an une première en France, le dépôt d’annonce par sms pour notre portail d’annonceS du groupe la dépêche, Publi.fr
j’ai appris plein de choses dans cette deuxième partie ! merci
et pour répondre, la presse papier avec que des annonces dedans, c fini pour bientôt.. non ? mais je ne connaissais pas le réalité étendu
A+