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La Gazette, 1631
Tout d’abord, un flashback à propos de la petite annonce imprimée…
Protégé de Louis XIII et surtout de Richelieu, Théophraste Renaudot est surtout connu pour avoir été à l’origine de la Gazette, première publication périodique avec les Nouvelles ordinaires de divers endroits publiée par deux libraires parisiens, Martin et Vendosme.
Vous pouvez même aller voir à quoi la Gazette ressemblait sur le site de la BNF ! (Merci la numérisation).
Médecin, philanthrope et entrepreneur, il publie en 1612 le “Traité des pauvres”, ce qui lui permet d’obtenir un brevet royal pour un projet de “bureau d’adresses”. Il créé un “bureau de placement” pour permettre l’emploi de vagabonds à des tâches d’utilité publique et ouvre quelques années plus tard en 1630, à l’enseigne du Grand Coq rue de la Calandre sur l’île de la Cité, son Bureau d’Adresses et de Rencontres qui faisait office de bureau de placement et de dispensaire.
Très rapidement, ce bureau diversifie ses activités et devient une agence de renseignements divers qui enregistrait les demandes d’emplois, les propositions de vente, d’achat, les déclarations de toute nature. En 1632, il édite la première “Feuille du bureau d’adresses” qui permettait de mettre en relation les employeurs offrant du travail et les travailleurs qui cherchaient un emploi, les acquéreurs et les vendeurs de biens, les fabricants et les clients éventuels d’artisanat. Pour 3 sous, on pouvait faire figurer dans le journal des propositions de vente, de location ou de service.
La presse d’annonces classées est ainsi née en France ce 1er juin 1632.
378 ans plus tard, la définition de Théophraste n’a pas changé : la presse d’annonces permet toujours de mettre en relation des employeurs offrant du travail et des travailleurs qui cherchent un emploi, les acquéreurs et les vendeurs de biens et de services, les fabricants et les clients éventuels d’artisanat. Aujourd’hui, pour quelques dizaines d’euros, on peut faire figurer dans des journaux spécialisés par thématique ou généralistes, des propositions de vente, de location ou de service. Si les annonces classées ont longtemps participé aux revenus de la presse imprimée (quotidienne et périodique), elles ont été épargnées par l’arrivée du cinéma en 1900, la radio dans les années 1920, et la télévision dans les années 1950.
Ces journaux gratuits d’annonces modernes sont ensuite réapparus dans les années 1960 en France, “dans la Sarthe, où le belge Marcel Timmers avait transformé des bulletins paroissiaux en journaux d’annonces et dans le Sud-Est, à Saint-Étienne où Maurice André avait expérimenté un hebdomadaire gratuit à base « d’information-services ».” (Source : Wikipedia)
Mais depuis la privatisation du réseau Internet en 1989 et l’essor du web à partir de 1993, les petites annonces ont progressivement migré de leur format papier vers un format numérique. Ce graphique, qui nous vient des Etats-Unis, est révélateur de cette migration progressive.
En revanche si la matérialisation du contenu d’une petite annonce passe d’un format imprimé à un format numérique, sa dimension locale, qu’elle soit imprimée ou numérique ne change pas et doit tirer partie de la proximité physique entre les gens et avec les lieux.
Ainsi, le métier traditionnel de l’annonce classée est en pleine déconfiture et la France n’est pas en reste. Selon les syndicats, plusieurs milliers de postes ont été supprimés dans les trois grands groupe d’annonces classés Spir, la Comareg et S3G. Les résultats financiers de ces trois groupes de presse gratuite d’annonce sont en chute libre et accusaient pour certains une baisse de plus de 30% entre deux semestres. Spir communication annonçait ainsi une perte de 36 millions d’euros pour le premier semestre 2009 et un résultat net prévisionnel pour 2009 de -26 millions d’euros au lieu de -13…
L’Irep a récemment publié les résultats publicitaires de l’année 2009. Le chiffre d’affaire à reculé de 32,1%. “En trois ans, le nombre de foyers passant des petites annonces a reculé de 15% à environ 2,5 millions” expliquait Michel Gaudron, co-président du Syndicat de la Presse Gratuite (Source – La Tribune – 18 mars 2010).
Au delà de la migration des annonces classées du papier vers l’ordinateur, de nouvelles formes d’annonces sont en train de naître, sous l’influence du téléphone portable, qui peut être vu comme l’héritier à la fois de l’Internet et des médias. Vis à vis de la petite annonce, ce dernier peut être vu de trois manières : comme un substitut à la petite annonce imprimée, comme un complément, ou comme un moyen permettant d’accéder à de nouvelles formes de petites annonces.
La suite ici : La petite annonce imprimée est-elle vouée à disparaître ? (2/3)
Sources
- Encyclopédie Universalis – Théophraste Renaudot.
- Graphique : NAA.org
- Photo Japon : JA_FS





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