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Press Play n°1
En décembre 2008 sortait le magazine gratuit Comic Strip, puis un an plus tard, Press Play, tous deux édités par Brooklyn Media, un éditeur spécialisé dans la presse gratuite. Le Comic Strip en anglais, équivalent du Yonkoma en japonais, est une bande dessinée de quelques cases, dont le message est transmis sur le registre de l’humour. Press Play, sur le même format que son prédécesseur, se positionne dans l’univers des gratuits comme le magazine des nouvelles technologies et des loisirs numériques.
Aurélien Joly, bonjour, vous êtes directeur de la publication de Comic Strip et Press Play, pourriez-vous nous raconter comment est née cette aventure. Vous avez reçu le soutien de plusieurs organismes et êtes hébergés par l’incubateur d’entreprises de l’école HEC ?
Bonjour, tout a commencé avec une thèse de fin d’études pour un mastère spécialisé à HEC, sur la presse gratuite d’information en France. Je souhaitais me lancer dans la création d’entreprise et, passionné par les nouvelles technologies et par les médias, je pensais lancer le premier magazine gratuit sur la high-tech. Finalement en association avec mon frère Florian nous avons lancé Comic Strip. HEC soutient les jeunes entrepreneurs et a trouvé le projet intéressant, nous avons donc intégré l’incubateur de l’école.
Press Play et Comic Strip n’évoluent pas dans des univers si différents. Qu’est-ce qui fait la spécificité

Comic Strip n°4
de chacun ?
Comic Strip est un magazine culturel gratuit : nous parlons de cinéma, de jeux vidéo, de musique, de bande dessinée… Beaucoup de gratuits ont un contenu insipide : rapidement parcourus par les lecteurs, ils finissent à la poubelle dans les cinq minutes. Nous faisons le choix de publier des planches de BD de qualité : c’est original, souvent drôle, ça permet de coller à l’actualité avec un langage différent (via nos pages « actu bling bling ») et ça ne se périme pas ! Bref, le magazine retient l’attention du lecteur plus longtemps, et s’il aime un de nos auteurs il partagera le magazine avec son entourage.
Press Play magazine a pour objectif de suivre l’actualité des nouvelles technologies et des loisirs numériques. Les français aiment les smartphones, les netbooks, les télévisions LCD (…) et y consacrent un budget de plus en plus important. De leur coté les constructeurs lancement de plus en plus de produits, noyant le consommateur sous une avalanche de références. Notre ambition avec Press Play est d’accompagner le lecteur, de le guider dans ses choix. Nous ne voulons pas simplement tester des produits, mais aussi analyser l’usage qu’en ont les français.
Qui sont vos lecteurs ? Où êtes vous distribués ?
Les 18-35 ans sont les plus gros lecteurs de presse gratuite… ce sont aussi les plus gros « consommateurs » de culture et les plus gros « consommateurs » de nouvelles technologies. Il y a donc une parfaite adéquation entre lectorat, contenu, et contenant. Idem avec la diffusion : Press Play et Comic Strip sont diffusés à 100.000 exemplaires chacun dans les universités et grandes écoles et à la sortie des transports en commun (Comic Strip est également diffusé dans près de 600 librairies Fnac, Canal BD, Espaces culturels Leclerc…) Nous attendons également la sortie de l’iPad, la tablette tactile d’Apple, pour y adapter nos magazines.
Pas une semaine ne passe sans que l’on parle de la crise de la presse, la fin des journaux et de nouveaux modèles dont aucun n’a vraiment été défini. Comment analysez-vous cette tendance à la sinistrose et croyez-vous en l’avenir du papier ?
La sinistrose est le mal français de ce siècle. Le pays refuse de se remettre en question, préfère vivre sur ses acquis, faire appel à l’Etat, faire appel à l’initiative publique plutôt qu’à l’initiative individuelle. Les journalistes devraient accompagner l’évolution de la société, voire même la guider à l’image du Poète de Victor Hugo. La presse française fait le choix du conservatisme, préfère demander de nouvelles subventions à l’Etat plutôt que s’aventurer à modifier son modèle. On risque une cristallisation : dans vingt ans rien n’aura changé, ou si peu. Et la sinistrose sera alors toujours d’actualité dans le monde de la presse ! Pourtant l’histoire a montré que tout progrès technique entraine une « destruction créatrice » : il y a une période difficile à passer (précisément aujourd’hui) dans laquelle s’opèrent des ajustements parfois douloureux, mais une fois ce cap passé la création de valeur s’avère supérieure à la destruction de valeur.
Dans le cas de la presse écrite, le web remet en cause un certain nombre de statuts (celui de l’imprimeur, celui du journaliste, celui de l’information…) mais il promet également un avenir radieux (baisse des couts, instantanéité de l’information, multiplication des sources, transparence, ultra mobilité…) : il ne faut pas oublier que le métier du journaliste n’est pas de vendre du papier mais d’apporter une information. La presse écrite a progressivement fait de la place à la radio puis à la télévision, et doit maintenant en faire au web.
Elle a deux alternatives : 1) ne rien faire, continuer sur les bases actuelles, et donc renforcer sa ghettoïsation (achetée et lue par une classe dite « supérieure »). 2) se remettre en cause, revoir son business model et son prix pour redevenir populaire.
Finalement, la gratuité est un chemin d’avenir pour la presse écrite. Se lancer en période de crise n’était pas évident, mais nous sommes convaincus de sa pertinence sur le long terme pour le lecteur (la qualité du contenu) et pour l’éditeur (la rentabilité).
Merci à vous.
Propos recueillis par JA_FS
Le prochain numéro de Press Play paraitra début avril avec quelques modifications : augmentation du format, meilleur qualité de papier, et diffusion à 100.000 exemplaires sur Paris (80%) et Lyon (20%).
Le site web de Press Play

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le double de page, ça serait génail !!
[...] comme Aurélien Joly, fondateur de Press Play, que « la sinistrose est le mal français de ce siècle » ou, pour poser la question autrement, croyez-vous que les magazines et la presse papier vont [...]
ouais, je trouve le format un peu petit alors soit il y a pas assez de pages, soit elle sont pas assez épaisses, mais le contenu est cool en tout cas, thks
super mag, j’adore