Interview de Deliciouspaper

42 Interview de <i><b>Delicious</b>paper</i>Charles-Henri Arnould, bonjour, vous êtes l’un des fondateurs de deliciouspaper, pourriez- vous nous présenter l’équipe et le concept de ce journal la revue en quelques mots ?

L’équipe de deliciouspaper est composée de Denis Bourmault et de moi-même. Agés de 24/25 ans et issus d’une école supérieure de commerce, nous avons – après des expériences respectives en gestion de la relation client et finance – souhaité créer notre entreprise et diffuser ce pour quoi nous avions une affinité certaine : la culture au sens large.

Ayant fait le choix d’externaliser, nous nous sommes entourés de professionnels : le Collectif Polkaouistiti pour la partie graphique, Intervalles pour la diffusion, l’imprimerie Vincent et Arctic Paper pour la production effective de la revue.

Ainsi naquit deliciouspaper dont l’objectif premier est de donner à lire et à penser à une époque où l’on ne nous parle plus que de lecture en diagonale (“j’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire « Guerre et Paix » en vingt minutes. Ca parle de la Russie” disait avec humour Woody Allen).

Deliciouspaper est donc une revue mensuelle gratuite (32 pages quadri, 35 000 exemplaires, diffusé à Paris) qui recense à chaque numéro (le n°04 paraît actuellement) de minuscules histoires intellectuelles. Derrière ce terme ‘barbare’ se cache en fait quelque chose de relativement simple : de courts textes (1 000 mots) dont la lecture fait réfléchir et interpelle. Nous citons très souvent à titre d’exemple le brillant texte d’Hubert Nyssen paru dans le n°01 le 23 octobre dernier.

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Échangeons « Courtes Histoires Intellectuelles contre Gratification », c’est une manière pour le moins originale de créer le contenu du journal de la revue. Pourriez-vous nous expliquer comment cela fonctionne ?

Nous avons toujours eu du mal avec le terme ‘journal’ qui sous-entend de disposer de ‘journalistes’, qui plus est quand certains grands journaux ne font (justement) plus de journalisme. Nous préférons de beaucoup – pour notre part -  le terme «revue» qui peut contenir beaucoup plus de choses et laisse bien plus de place à la créativité.

Lorsque nous avons créé deliciouspaper, nous n’avons pas voulu mettre sur pied une alternative à tel ou tel support, bien au contraire ! Nous sommes partis d’une idée et d’un constat simple : il y a en ce monde beaucoup de personnes brillantes qui ont quelque chose d’intéressant à dire. Et peut-être que ces mêmes personnes aimeraient disposer d’une carte blanche pour nous livrer leurs réflexions et autres idées (qu’elles soient politiques, économiques, linguistiques ou mathématiques, etc.).

Nous sommes partis du postulat que les gens étaient par nature curieux et avides de découverte. Et que d’autres, curieux et avides de partage.3 215x300 Interview de <i><b>Delicious</b>paper</i>

Persuadés qu’en ne nous bornant pas à une équipe rédactionnelle, nous aurons bien plus de chances de croiser des perles rares (c’est – si l’on peut dire – statistique), nous avons fait le choix de collecter les textes et de les rémunérer (tout travail méritant salaire) et non de les créer en interne.

De cette façon, nous recevons chaque jour des textes envoyés soit par des contributeurs spontanés, soit par des figures intellectuelles francophones que nous contactons. Raymond Boudon, Bruce Bégout, Etienne Klein, Bernard Maris, Hubert Nyssen et Nassim Nicholas Taleb nous ont ainsi d’ores et déjà et parmi tant d’autres prêté leurs plumes.

Une fois le texte reçu, et s’il entre dans notre ligne éditoriale, nous le polissons avec l’auteur si nécessaire et enfin le publions. Nos contraintes sont simples : 1 000 mots (+/- 100), un style alerte et un fond qui interroge.

Où peut-on trouver le titre en version papier ? Vous êtes également présent sur Internet, fixe et mobile, racontez-nous.

Amoureux du papier, notre souhait premier a toujours été d’exister sous une forme physique et tangible. Même si le milieu de la presse est sinistré, nous sommes persuadés que les gens liront toujours ce qu’ils trouvent soit intéressant soit nécessaire.

Dans un premier temps (pour les n°01 et 02), notre diffusion s’effectuait par colportage devant les principales gares et autres quartiers où les flux de passants étaient susceptibles de lire notre support. Depuis, et avec les conseils de notre diffuseur, nous nous sommes orientés vers les réseaux et les points de dépôts ; la prise en main volontaire nous semblant plus pertinente que la prise en main suggérée pour ce type de support ‘copieux’ et au contenu ‘froid’. Néanmoins l’expérience colportage nous a permis d’asseoir l’image de deliciouspaper dans le paysage des ‘gratuits parisiens’ qui est excessivement dense !

Nous sommes donc aujourd’hui diffusés dans près de 370 points et – parce que la conjoncture n’est pas des plus facile et qu’il est évident que l’intérêt des gratuits est d’aller vers l’entraide et la mutualisation – le réseau de 3 Couleurs (le magazine des cinémas MK2).

Concernant internet, même si nous ne commençons que maintenant à imaginer ce que l’on pourrait en faire (bien qu’il s’agisse d’un vecteur de communication peu coûteux en investissement), nous avons dès le début créé www.deliciouspaper.com pour que les auteurs puissent trouver les textes (et donc des exemples), les rares contraintes éditoriales, la liste des points de dépôts et bien sûr les dates de parutions (via une newsletter, twitter et facebook).

2 214x300 Interview de <i><b>Delicious</b>paper</i>Enfin la version iPhone (apparue récemment) a été mise sur pied pour répondre aux besoins de nos lecteurs de trouver aisément deliciouspaper (grâce au GPS intégré au terminal). Notre tirage étant de 35.000 exemplaires, la ville de Paris étant excessivement grande et parce que nous nous efforçons d’inculquer à la revue un «esprit collector», il fallait que ceux qui le souhaite ne puisse pas rater un seul exemplaire…

Et vos projets de développement ?

Nous approchons maintenant de la fin de la saison 1 qui comptera 6 numéros (n°05 à paraître en mai et n°06 en juin). La prochaine saison qui débutera en septembre devrait en compter 10 et proposer quelques nouveautés sur le fond (pourquoi pas des partenariats avec de grands médias ou un peu de photographie ? Nous réfléchissons encore à la question).

Naturellement, nous allons nous efforcer de consolider notre position (communiquer davantage !) et pourquoi pas augmenter le tirage (les retours étant excessivement bons).

De la même manière nous allons effectuer une refonte de notre site internet afin de mieux répondre aux attentes de nos lecteurs (en tachant d’inventer un modèle d’affaires pertinent). La conjoncture n’étant pas facile, nous allons également encore plus travailler nos relations avec nos annonceurs et nous pencher sérieusement sur la certification OJD.

Enfin, parce que lire – comme disait Emile Faguet – « c’est penser avec un autre, penser la pensée d’un autre, et penser la pensée, conforme ou contraire à la sienne, qu’il nous suggère », nous aimerions nourrir notre communauté d’auteurs et faire que les réactions se fassent non pas par des commentaires, mais des essais interposés.

Bref beaucoup de travail en perspective, mais c’est ce qui est excitant !

Merci à vous !

Propos recueillis par JAFS

Où trouver deliciouspaper ? (PDF)

Le site web de deliciouspaper

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2 commentaires

  1. Cette revue est absolument géniale, le concept est extra !
    bonne continuation et longue vie à deliciouspaper

  2. Bonjour,
    je viens de découvrir votre revue N°A4 à la Pagode (NB: j’ai pris le dernier exemplaire qui restait dans le présentoir, il faudra réapprovisionner…) et plusieurs articles m’ont bien amusé, en particulier celui sur la typologie des marques-pages.
    Je vous enverrai un papier sur les coïncidences dans la lecture un de ces jours.
    Cordiales salutations.

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